Ganteaume,
Artiste de la Matière



Il était une fois un adolescent…
Pas un adolescent d’aujourd’hui. Nous sommes en 1946. Gilbert entre au chantier comme apprenti.
Et là, tout gronde. Les fours chauffent, les marteaux frappent, les soudeuses crépitent, les tôles résonnent, les rivets s’enfoncent, les machines usinent… C’est un monde d’acier, de feu et d’hommes en mouvement.
Il est certainement là aussi parce que son père y était déjà. Comme lui, il rejoint cette grande famille des chantiers navals. Il en fallait du monde pour construire ces cargos qui à cette époque quittaient fièrement les cales de La Ciotat pour prendre la mer.
C’est au milieu de ce vacarme d’acier frappé, malmené, façonné, que Gilbert a posé ses mains sur la matière. Il l’a découverte, apprivoisée, comprise.
Quand on grandit à La Ciotat, dans ce lieu où le golfe déborde de beauté, entouré de roches aux formes uniques, baigné par cette lumière si particulière et ces matières si chères à la région, comment ne pas être inspiré ?
Alors Gilbert a continué ce travail autrement. Il a mélangé, touché, trituré, malaxé, transformé toutes ces matières qui faisaient partie de son quotidien. Mais cela ne lui suffisait pas : il fallait qu’il se les approprie, qu’il leur donne une nouvelle existence.
La mer, le sable, la tôle… Tout ce qu’il côtoyait chaque jour devait se retrouver sur la toile. Il fallait faire naître des formes, des textures, des émotions, pour raconter ce que ses yeux rencontraient jour après jour.
Il n’y aurait pas eu de peinture sans travail.
Il n’y aurait pas eu de travail sans chantier.
Il n’y aurait pas eu de matière sans La Ciotat, cette ville qu’il porte profondément dans son cœur.
Son regard, son engagement, sa force et sa présence sont inscrits dans chacune de ses œuvres.
Dominique payen.